• Te décrocher la lune, je l'avais déjà fait, alors ça n'aurait pas été bien original de recommencer cette année.
    Mais un jour, Pierrot, il y a longtemps, tu m'as demandé si je n'aurais pas une histoire sur ...
    Ben si, j'en avais une, et je te l'ai gardée bien au chaud sous mes ailes jusqu'à aujourd'hui.
    Pour toi.
    undefined  














    T'es couvert
    De coutures
    De trous et d'meur
    -Trissures
    Mais si t'es
    Mal foutu
    C'est qu' t'as beaucoup
    Vécu


    Y te manque
    Des morceaux
    Au recto, au verso
    Tu t' détraques
    D'un côté
    Tout mal rafis
    -Tolé


    Y voudraient
    Que j' te change
    Que j'te lourde, que j' t'échange
    Balafré
    Tu déranges
    T' benner, ça les démange


    Mais j'connais
    Ton fond d'crème
    Tendre parfait
    Juste comme j'aime
    Et s'ils te touchent
    Mon pote
    J'les farouche
    J'les compote


    Que j' t'escamote
    L'ami
    Pas d'chancette
    Même mini
    No souci
    Que j' te jette
    Moi j' t'ai pris
    Pour perpet' .




    IMG_9749--800x600-.jpg
                                                             (c) Ptitsa






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  •  
    Merci à Kri qui a bien voulu me prêter la photo dont a jailli ce texte.



     



    Kri Coeur Vauvenargues [640x480]




    Je n'étais qu'un coeur jeté parmi les gravats de ce monde,
    roulé par les marées du temps.

    Je n'étais qu'un coeur sans nom ni visage,
    sans vie, sans force, sans destination.

    De toi j'ai tout reçu, la vie et le visage, la force, la destination et le nom...


    Garde-moi pour toujours dans le creux de ta main,
    garde-moi toujours palpitant,
    toi qui m'as ramassé parmi les gravats de ce monde et arraché
    aux marées informes du temps.


    Garde-moi toujours contre toi :
    coupé des battements de ton coeur,
    le mien perdrait sa vie, son visage, sa destination et son nom.


    Hors de toi je ne suis qu'amas absurde d'atomes,
    débris mort,
    anonyme,
    aveugle, muet, sourd,
    sans appartenance,
    sans espoir,
    sans but,
    plongé dans la marée obscure, implacable du temps.


    Ton amour seul peut me tenir Vivant.







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  • undefined

                                                                                                                                 

    Sur une consigne de "La petite fabrique d'écriture" : 
    "Ecrire un texte qui parle de chaussures."
    Pour lire les autres participations, cliquez
    ici.


                                                                                                                     Pour M.





    Tu as très bien fait de faire ce que tu as fait.
    Bien sûr, il y en a qui vont y trouver à redire. Laisse-les s'éparpiller en commentaires, plus ou moins anxieux, plus ou moins bienveillants...
    Cela n'a aucune importance.
    Evidemment, les enfants vont se faire du souci, penser que le choc t'a ébranlée, que tu es en train de suivre mes traces... cela non plus, ce n'est pas grave.


    Tu as très bien fait de faire ce que tu as fait, de suivre l'élan spontané qui t'a conduite à déposer là, sous le sapin, ma paire de vieux chaussons en laine. C'est exactement la place qui leur convient, et tant pis pour ceux à qui ce geste ne plaira pas.
    Je ne suis pas là pour les porter, et alors ?
    Est-ce une raison pour m'exclure de la fête ?
    Dois-je disparaître de vos souvenirs juste parce que je ne suis plus en vue ?
    Laisse sous le sapin ces chaussons, et cesse de te ronger les sangs sur ce que les autres vont en penser.
    Ils ne dérangent personne, après tout ? Ou plutôt, ils ne dérangeront que ceux qui te croiront dérangée, mais nous savons bien, toi et moi, que ce n'est pas le cas.
    Ces chaussons sont là parfaitement à leur place.
    Je ne vous ai pas quittés. Je suis toujours là, près de vous, et même avec une qualité et une intensité de présence qui vous souffleraient si vous n'étiez pas focalisés sur mon "absence" comme une bourriche d'huîtres arrachées à leur piquet. Je n'ai jamais été aussi présente que maintenant que vous me dites tous "absente". Je suis avec vous nuit et jour, dans vos coeurs, dans vos consciences. Je vous entends, je vous parle et ceux d'entre vous qui voudront m'écouter m'entendront.

     
    Voilà. C'est l'étrange cadeau que je vous dépose ici pour vous, sous le sapin, dans mes chaussons, ce Noël, à travers ton geste.
    Comprenne qui pourra.
    Laisse parler ceux qui auront des remarques à faire. Leur réaction est normale. Toi-même, n'as-tu pas eu du mal à te rendre à l'évidence de ce que tu avais ressenti ?
    Un jour, s'il est temps pour eux, ils comprendront à leur tour.

     
    Puisque tu es à l'heure actuelle ma seule interlocutrice, dis-leur de ma part, je t'en prie, que je suis bien arrivée à destination, que je ne souffre plus, que je vous aime et vous embrasse tous, que je vous attends ici heureuse, sereine et sans impatience.
    La mort n'est rien.
    Rien qu'un rideau de roseaux sauvages posé sur l'horizon pour mieux vous protéger de sa très grande lumière.




    Pour lire ma participation au jeu précédent, cliquez  là.






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  •   undefined

     



                                                
                                                  
                                                        Sur une consigne de "La petite fabrique d'écriture"
                                                  "Ecrire un texte commençant par : "On frappe à ma porte." "
                                                            Pour lire les autres propositions, cliquez
    ici.

     




    On frappe à ma porte. C’est elle.

    Son pas m’est devenu si familier que je le reconnais même de loin, même emmêlé à la rumeur du monde.

    Sa démarche est traînante et lourde aujourd’hui. Fatiguée. Usée.

    J’ouvre le battant ; d’un geste silencieux, je l’invite à entrer dans la chaleur du foyer, à s’asseoir près de l’âtre.

    Son regard est sombre, son front bas.

    Je lui laisse du temps. Je sais qu’il ne faut pas lui adresser la parole directement, ces soirs-là.

     


    « Encore une mauvaise journée, hein ?

    -Mmmmmmmmmmmmh.

    -Donne-moi ta pèlerine, elle est trempée. Sèche-toi près du feu. Tu veux du thé ?

    -Mmmmmmmh.

    -Tu as mangé quelque chose ?

    -Mmmh…

    -Bon…  Tu vas faire ton ado mutique toute la soirée, auquel cas je dispose et je reviens plus tard, ou tu as juste besoin d’un moment tranquille pour décompresser ? »

     


    L’humour, avec elle, c’est toujours quitte ou double. Ca débloque la situation ou ça la gèle dans un silence de mort.

     


    Ouf, cette fois, elle sourit. Faiblement, avec lassitude, sans grande conviction il est vrai, mais on a évité ce regard noir, cette moue amère des mauvais soirs dont il n’y a plus rien à tirer.

     


    « Excuse-moi. Je ne serai encore pas d’une très joyeuse compagnie, aujourd’hui.

    -  Tu n’as pas à t’excuser. Je te comprends. Tu fais vraiment un sale boulot. Encore pire que celui des huissiers de justice, je crois... Se faire recevoir de travers à longueur de journée…

    - Si ce n’était que les colères, les rebellions, les jérémiades… ! Mais le pire, tu sais, c’est cette impression de ne servir à rien. Qu’ils ne comprennent pas. De devoir recommencer chaque fois complètement de zéro. Je les vois passer, repasser je ne sais combien de fois devant moi, mais d’une fois sur l’autre, la plupart n’ont pas avancé d’un pouce. Je me demande s’il ne faudrait pas revoir entièrement le système de formation. Je crois que l’actuel est devenu totalement obsolète.

    - Ca fait un bail qu’il n’a pas changé, faut dire… ce sera un mammouth encore autrement plus dur à dégraisser que celui de l’Education Nationale !!

    - Bien courageux celui qui s’y risquera. Moi, en tout cas, je n’en peux plus et je n’en veux plus de ce job. Cette fois, j’en ai soupé. Je vais leur rendre mon tablier.

    - Tu dis ça régulièrement depuis que je te connais.

    - Oh, je le disais déjà bien avant… !

    - Je ne vois pas qui ils embaucheraient d’autre.

    - C’est leur problème, pas le mien.

    - Ne fais pas ton égocentrique.

    - Et si j’avais envie de faire mon excentrique, pour une fois ? De m’écouter un peu ? De sortir du rang ? D’arrêter d’obéir fidèlement, patiemment, servilement aux ordres ? Tiens, je sais ce que je vais faire ? Je vais demander une mutation. »

     


    J’éclate de rire.

    Son regard me foudroie aussitôt en riposte, noir, dur, réprobateur.

    Je ne voulais pas la blesser, mais le rire a fusé malgré moi devant l’incongruité de la situation.

     


    « Une mutation ! Et pour où, s’il te plaît ?

    - Où ils voudront. Le paradis, l’enfer, le purgatoire … m’en fous. En tout cas, je ne veux plus être en charge de cette fichue porte. Qu’ils se trouvent une autre sentinelle pour leur précieux passage. Moi, je n’ai plus aucune vue sur le poste de CDSS.

    - C'est-à-dire ? … Excuse-moi, je ne maîtrise pas à fond la terminologie de ta spécialité…

    - « Concierge-du-Seuil-Suprême ». Gardienne en chef du point de non-retour, quoi…

    - Hé bien… voilà qui va faire un grabuge digne de la chute du mur de Berlin en Europe dans les hautes sphères. Je te soutiens dans ton projet, mais j’avoue que je ne suis pas sûre que tu aies toutes tes chances d’être entendue… »

     


    Elle finit par sourire. Gagné !

    Le dégel s'amorce.
    Elle finit par me demander, - peut-être à brûle pourpoint :

     


    « Mais enfin, pourquoi est-ce que tu ne me détestes pas, toi ? Pourquoi est-ce que tu ne me chasses pas à grands coups d’invectives et de pierres comme les autres ?

    - Parce que tu es mon amie.

    - Pourquoi ? Parce que je t’ai laissé la vie sauve, un jour ? L’initiative ne venait pas de moi, tu sais.

    - Oui, je sais. C’étaient là encore les ordres d’en haut…

    - C’est ça. Je devais te secouer un peu, te donner un coup de semonce… pas  te faire passer de l’autre côté, pas encore. Mais ce n’est pas moi qui ai pris la décision.

    - Ca n’a pas d’importance. Tu as fait ton travail, tu l’as bien fait, et ils ont obtenu de moi ce qu’ils désiraient. Je n’ai jamais été si heureuse que depuis notre rencontre. Tu as amené le bazar complet dans ma vie, et ce grand bazar m’a été extraordinairement salutaire. Ne me quitte plus jamais, surtout. Je veux que nous deux, sans jouer sur les mots, ce soit désormais « à la vie, à la mort ».

    - Enfin, par la force des choses, ça va être surtout à la mort… tu en es consciente ?

    -Totalement. Et justement, je ne conçois pas de meilleure façon d’être en vie que de vivre en totale amitié avec sa mort. »

     


    Elle soupire.

     

    « Tout de même… j’ai de la chance de t’avoir. »

     

    Je souris.

     

    « Non. C’est MOI qui ai de la chance. »

     

     

     

     


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  • Rien qu'à Venise, nous avons fait... 271 photos !!


    Difficile de trier, difficile de vous donner un aperçu composite de cette ville aux visages aussi multiples que ses masques, dont nous avons pourtant l'impression de n'avoir presque rien vu puisque, pour des raisons pratiques, nous n'y avons passé... qu'une seule ( mais looongue! mais inteeeense ! ) journée.


    J'aurais pu vous conter les "mille et une Venises" comme on conte "les mille et une nuits", car il y aurait réellement eu matière à cela dans cette ville et dans les souvenirs que nous en avons ramenés... Mais comme je suppose que vous n'avez pas 1001 nuits à me consacrer... et que, de mon côté, je ne pouvais pas me résoudre à publier ces photos en nombre restreint et en petit format, j'ai choisi de vous balader dans Venise selon trois itinéraires possibles.


    Aujourd'hui, je vous en propose deux :

    "Venise classique"
         

       ou 
       
     




    "Venise insolite"



                                             
    Cliquez sur celui de votre choix pour entrer dans la ville..
    Bien évidemment, vous avez le droit de parcourir les deux l'un après l'autre si cela vous chante... et si vous avez le temps.


    Demain, je vous indiquerai le chemin du troisième et dernier itinéraire. En fait, ce sera plutôt une pause en terrasse, car aujourd'hui, vous verrez, vous allez beaucoup marcher... et beaucoup regarder.


    Bonne visite !




    Et pour les petits curieux...    
    Voir le plan de Venise
    En savoir plus sur Venise
    Voir le site de la ville

    En savoir plus sur l'île de Murano et l'art du verre
    En savoir plus sur la Fenice


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  •                                                                                                                                                  (c) Ptitsa


     

    Y m’ disaient toujours

    T’as les bras trop courts

    A viser si haut

    Tu t’ bris’ras les os

    Faut pas la vouloir

    Tu vas y rester

    Faut pas trop y croire

    Elle fait pas d’quartier

     


    Y m’disaient toujours

    Nous on dit ça pour

    Ton bien ma petite

    Reviens sur terre, vite !

    Pour se renouv’ler

    Elle doit disparaître

    Bien malin l’fieffé

    Qui peut t’ la promettre

     


    Y m’disaient toujours

    Qu’elle était instable

    Changeante chaque jour

    Mouvante comme les sables

    Qu’en amour son miel

    Dev’nait vite amer

    Qu’ ses humeurs de fiel

    Collaient l’ mal de mer

     


    Y m’disaient toujours

    Redescends d’ là-haut

    Demain y f’ra jour

    Laisse-la aux Pierrots

    Personne n’ la décroche

    Sans une anicroche

    Si tu t’ la prends d’ face,

    Pauv’ de toi, hélas !

     


    Sur tous les tempos  

    Et sur tous les tons

    A tout âge on m’a

    Servi la chanson

    De l’inanité
    Des rêves bravaches

    Et de la bonté
    Du plancher des vaches

     


    Aujourd’hui enfin, je l’avoue tout net

    Je préfère le ciel au ras des pâquerettes

    J’y ai pris mes quartiers, j’y vague, j’y vogue, j’y vis

    Quoi ? Si je dégringole ?... Je prends le risque, tant pis.

     


    Née sous ses auspices, à l’automne, un lundi

    Fille de lune  pure et dure, irréductible je suis.

    A ceux qui me sermonnent d’être comme elle trop c…

    Je souris sans mot dire … Non, elle m’encoconne !

     


    Pauvres nus du bonheur tendre et insolent

    De se laisser bercer au ressac des ellipses

    Joie cadencée et douce qu’aucun jour n’éclipse :

    Traverser l’espace-vie, chaque jour... en croissant.




    24 commentaires















  • Parfois, je me dis que ce monde ne tient peut-être debout
    que par la prière tranquille de quelques êtres humbles
    qui le portent silencieusement dans leur coeur.
















    14 commentaires



  • S’il fallait tout refaire

    Et tout réendurer

    La solitude, l’angoisse

    Les heures écartelées

    S’il fallait tout refaire

    Debout ou à genoux

    Dans ce monde sans repères

    Noir cinglant absurde fou

     

     

    S’il fallait tout refaire

    Et tout revivre encore

    Sur les terres sans lumière

    Captives de main de mort

    S’il fallait tout refaire

    Et le sachant d’avance

    Reboire l’ombre amère

    Et le chagrin immense

     

     

    S’il fallait tout refaire

    En déroute, à tâtons

    Sous la loi du désert

    Le doute sur les talons

    S’il fallait tout refaire

    A bout de souffle, les os

    Broyés au gant de fer

    De l’implacable étau

     

     

    S’il fallait tout refaire

    Vide de mes propres forces

    Ecorchée comme un arbre

    Privé de son écorce

    S’il fallait tout refaire

    Exsangue, pas à pas

    Dans la conscience claire

    Que je n’y suffis pas

     

     

    S’il fallait tout refaire

    Repartir à zéro

    Recadenasser les fers

    Resceller le tombeau

    S’il fallait tout refaire

    Nous perdre, toi, moi, nous

    Retraverser l’enfer

    Qui tout vivants nous cloue


     

    S’il fallait tout refaire

    Ployant sous l’heure fatale

    Où cédant sous la pierre

    Du désespoir total

    Ne reste que le cri

    Qui implore la grâce

    Et rencontre de face

    L’élan de la vraie vie

     

     

    S’il fallait tout refaire

    Et tout réendurer

    S’il fallait tout revivre

    Et tout retraverser

    S’il fallait tout refaire

    Et si c’est avec toi

    Je dirais oui

    Passionnément

    Passionnément

    Passionnément. 



    12 commentaires
  •  




    Je partais, guillerette, pour une pêche à la ligne

    Ignorant, ô pauvrette, quelle brochette de poissons

    Sublimement saugrenus et pas franchement dignes

    Du nom viendraient s'emplafonner sur mon petit hameçon.

     


    Moi qui rêvais brochets, truites, perches, barbeaux, goujons,

    Brêmes, sandres, vandoises, carpes, silures, tanches,

    Si j'avais pu prévoir quels étranges trublions

    Troubleraient mon étang de leur vain tourbillon, je s'rais restée étanche.

     


    Permettez qu'au retour de cette pêche en délire

    Je vous présente un peu les stupéfiantes prises

    Que je suis bien en peine de frire ou de bouillir

    Voyez de par vous-mêmes, comprenez ma surprise...!

     


    Mes proies n'ont ni écailles, ni nageoires, ni arêtes

    Et quoique frétillantes et fraîches comme gardons

    Je crains qu'elles ne soient pas de cette famille de bêtes

    Qui se mangent d'ordinaire à la sauce estragon.

     


    Celle qui ondule, là, luisante et un peu fourbe

    Prétend descendre droit de la pure ligne courbe

    Et celle qui se prélasse, au fond, dans la moiteur

    Serait, après aveux, la ligne d'équateur ;

     


    J'ai remarqué cette autre qui porte un numéro

    C'est qu'elle serait, dit-elle, une ligne de métro

    Elle s'est acoquinée avec une gueuse pas nette

    Qui clame haut et fort être ma ligne internet !

     


    « Et toi, là, à côté, à l'œil un peu lubrique ?

    - Hé, qu'est-ce que tu crois, je suis la ligne oblique ;

    Quand ma noble voisine, verticale, rectiligne

    Arrive en ligne directe du pays de droite ligne.

     


    Elle affronte d'ailleurs en un duel austère

    La perpendiculaire, nette, carrée, bien d'équerre ;

    Tandis qu'un peu plus loin, les lignes parallèles

    Se côtoient l'une l'autre avec un zèle fidèle. 

     


    Plus difficiles à vivre et plus embarrassantes

    Sont la ligne de mire et la ligne fuyante :

    La première se prend pour le nombril du monde

    Et il est impossible d'attraper la seconde.

     


    - Et cette fada, là-bas, qui marche à reculons ?

    - Vous ne devinez pas ? C'est la ligne d'horizon !

    Elle floute exprès ses traces, aidée de sa complice :

    Ligne de démarcation, capricieuse et duplice ! »

     


    Vous avez démêlé, bien sûr, cet écheveau

    Et lu ce qui déjà s'annonce entre mes lignes :

    A l'insu d' mon plein gré, on m'avait prise au mot

    Et j'écopais d'une bonne centaine de lignes.

     


    Mais laissez-moi finir, attendez les vedettes

    Qui arrivèrent enfin sur l' dessus du panier ;

    Nul omble chevalier, nulle autre noble tête

    A défaut de gratin, ma pêche fut gratinée !

     


    Je ferrai d'un seul coup un épatant trio

    Mené, en première ligne, par celle de mon stylo

    Qui me dit : « Ma petite, j'vais t'en boucher un coin,

    Tu ne me feras taire que si tu m' mets un point ! »

     


    Je n'étais pas remise que sur ces entrefaites

    Rapplique juste derrière une petite ligne fluette

    Qui s' présente, pleine d'aplomb, comme ma ligne de vie

    Et me lance : « Prends soin d' moi, c'est moi qu'ai l' plus de prix ! »

     


    J'en étais déjà coite et tombée sur les fesses

    Que pour nous achever, moi et ma bouillabaisse

    Se pointe, zigzaguant comme un fameux poivrot

    Une ligne plus torturée que feu Quasimodo

     


    Ne voulant pas savoir et m'attendant au pire

    Je lâche le moulinet, la canne, tente de m'enfuir,

    Mais elle claudique, la poisse, férocement véloce,

    Me rattrape, m'arrête, et me jette avec force :

     


    « Hé, ne me renie pas, je suis ta ligne de cœur

    Folle à lier mais solide : plus tordue qu' moi, tu meurs ! »

     

     

    Ah vrai, de cette pêche, je n' rentrais pas bredouille

    Même si certaines prises furent un peu casse-... ouïes ?

    Et si, rentrée chez moi, j'ai remisé mes lignes

    Je pense retourner, oui très vite, à la ligne

     


    Pour vous confier, mes pauvres, en deux ultimes strophes

    L'étendue absolue de cette catastrophe :

    De la pêche à la ligne, me voilà fin férue

    Et de l'appât des rimes, super-extra mordue

     


    Aussi je vous préviens, et même, je surligne :



    Gêneurs, ôtez-vous du chemin de mon stylo

    Le prochain qui m'empêche d'aligner trois mots

    Je le zigouille, couic, je le zappe, je l'esbigne

    Je le baffe, je le biffe... et c'est moi qui l'aligne.



    Texte paru dans "Graines d'éclats de rire" et dans "L'Allant-Bic".

     

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  • Je viens de les (déc)ouvrir.
    Ils sont tout petits. Tout légers. Tout fins. Bien plus que je ne l'imaginais...   
    Mais ils me plaisent.
    J'aime l'idée qu'ils vont pouvoir se nicher dans vos porte-feuilles, vos sacs à mains, vos poches, et, à, peine nés, voyager de par le monde à travers vous.
    Si vous voulez les accueillir, vous connaissez le chemin, maintenant.
    C'est par ici... CLIC !




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  • Sur une proposition d'écriture de Philippe D. : Ecrire un texte sur le tableau "La Famille" de René Magritte, à partir d'amorces de phrases imposées, en imaginant que c'est l'oiseau qui parle.












    Je suis l’infini en toi

     

    J’ai mal d’être prisonnier

     

    Mon ciel est noir de ta pollution

     

    Et poisseux de ton aveuglement

     

     

     

    Je viens de l’horizon sans limites

     

    Je vais vers toi de toute ma courageuse patience

     

    Je suis celui qui te cherche

     

    De toute éternité

     

    Je crois que tu ressens le battement de mes ailes

     

    Même si souvent, tu l’ignores

     

     

     

    J’espère que tôt ou tard

     

    On dira de moi que je t’ai rejoint

     

    Jaillissant de ta nuit épaisse

     

    Un jour viendra où tu briseras ma cage




    J’aimerais te dire :

     

     

     

    « Prends mes ailes.

     

    Ce sont les tiennes

     

    Depuis toujours. »

     

      



     


    18 commentaires


  •  


                                   Pour Dana et sa communauté "Le thème de la semaine"
                     Thème proposé cette semaine  : "L'alphabet".

     



     

    « Allô, la Terre ?

     

    - Bonjour...A qui ai-je l'honneur ?

     

    - C'est moi, Dieu !

     

    - Dites-donc, si c'est une blague, elle n'est pas drôle !

     

    - Enfin, quoi, vous ne reconnaissez pas ma voix ?!

     

    - Foutaises ! Ecoutez, trouvez-vous un autre pigeon pour vous purger de votre absurdus delirium, parce que moi, je n'ai pas que ça à faire.

     

    - Gare à vous si vous ne me prenez pas au sérieux... Vous allez vous attirer des ennuis !

     

    - Ha ha, j'aimerais bien voir ça. D'abord, ça m'étonnerait que Dieu, s'il existe, se comporte comme le  Père Fouettard et use de la menace pour se faire entendre. Il a sûrement des moyens bien plus efficaces pour ça ! Ensuite, franchement, j'ai passé l'âge de ce genre de billevesées. Laissez-moi tranquille. Je raccroche...

     

    - Il ne s'agit pas de menaces. C'est  une loi karmique d'une extrême simplicité : vous assumez personnellement les conséquences des choix que vous posez sur Terre. Donc, si vous choisissez de faire la sourde oreille à ma parole, à votre guise. Mais ne venez pas jérémier après sur mon palier que je suis sourd à vos prières...

     

    - Je vois... Donnant donnant, alors ? On magouille en catimini ses petites affaires ? Le Dieu du 21e siècle a viré businessman ? Je ne vous imaginais pas si... comment dire... mercantile !

     

    - K.O... Votre scepticisme chronique mettrait KO le dieu le plus puissant, le plus déterminé, le plus persévérant. Vous êtes tellement persuadés d'avoir raison,  de vous être hissés à un niveau de conscience supérieur, de tout savoir... même sur Moi !

     

    - Là, excusez, je ne peux m'empêcher de rire... Vous n'êtes donc pas « le dieu le plus puissant et le plus déterminé » ? Vous avez un patron, peut-être ? Avec qui vous arrangez aussi vos petites combines  miteuses pour vous faire respecter ? Style : « la mafia du 7e ciel », c'est ça ? Et on règle le cas des récalcitrants à coups d'anges exterminateurs ? Ben il est beau, le monde spirituel... Pas tellement plus glorieux que le nôtre, tiens !

     

    - Mais laissez-moi en placer une, c'est terrible ça ! Il faut toujours que vous fassiez les questions et les réponses, - quand vous ne faites pas les réponses avant même qu'on ait pu poser une seule question !

     

    - Ne cherchez pas à m'embrouiller. Je ne suis pas dupe.

     

    - On ne vous a jamais parlé de cette faculté souveraine : « le libre-arbitre » ? Comment pourriez-vous l'exercer si j'étais le Dieu tout puissant que vous imaginez ? Où serait votre marge de choix, de manœuvre ? ...

     

    - Peut-être qu'on pourrait tout aussi bien se débrouiller sans vous, vous savez...

     

    - Que voulez-vous dire ?

     

    - Rien ne prouve que si vous n'existiez pas, nous ne pourrions pas faire nos choix  tout aussi librement !

     

    - Si j'accomplissais un miracle, (même si  je le  faisais, pour vous prouver que j'existe), vous seriez capable de prétendre que vous avez été victime d'une hallucination.

     

    - Tiens, bonne idée, ça manque un peu sur la Terre, les miracles ! Vous ne voudriez pas vous y remettre ? Ce ne sont pas les occasions de pratiquer qui manquent, pourtant !!

     

    - Un peu d'attention... Posons juste un tout petit peu différemment la question, - si pour une fois vous voulez bien m'accorder le droit de le faire... Est-ce les miracles qui manquent ou vous qui ne savez, qui ne voulez pas les voir ?

     

    - Voyons, restons sérieux !... Citez m'en rien qu'un, pour voir ?

     

    (bzz bzzz bzzzz bzzz bzzz bzzz bzzzzzzzz... )

     

     

    - Wooooow ! C'est pas vrai ! Le coup de ... c'était VOUS ?!  Ca alors !!!

    Mais pourquoi diable... euh, pardon, pourquoi dieu l'avoir fait sous ...

      ...?

     

    - Y a un bon moment que j'essaye de vous l'expliquer : si je l'avais fait en mon nom, vous n'y auriez pas cru... têtes de pioche que vous êtes !

     

    - Zut ! Ben si j'avais su que... j'aurais vécu autrement !!

     

    - Zut ! Ben si je m'étais douté qu'il suffisait que je vous contacte directement pour vous aider à comprendre... j'aurais laissé massacrer moins de mes prophètes !

     

    - Y a encore moyen de redresser la barre, vous croyez ?

     

    - X... pourrait s'en charger ?

     

    - Wouuuuuh... Ca sent le roussi ! Vous ne voudriez pas continuer à vous en occuper vous-même ? Je crois pas que ça soit une si bonne idée de déléguer votre responsabilité à un être humain... On a bien vu ce que ça donne !

     

    - Voyez, vous le reconnaissez vous-mêmes... D'un côté, vous réclamez de prendre en mains le gouvernail de votre vie, mais de l'autre, dès que je vous laisse la barre, vous avez les miquettes !

     

    - Une expression que je ne m'attendais pas à trouver dans votre bouche, pard...on ! Alors comme ça, vous regardez « Kaamelott » ?!

     

    - Tiens, et comment ! Comme tout ce qui se fait  sur la planète, d'ailleurs. Mais je peux bien vous l'avouer : Kaamelott, en plus, j'en suis fan...

     

    - Si je m'attendais à ce que vous soyez comme ça, dites ! Un Dieu accessible, proche, (j'allais presque dire : "humain!"), qui répond aux questions qu'on lui pose et s'intéresse à nos petites affaires humaines,  même  nos divertissements ...!

     

    - Rien de ce qui vous concerne ne me laisse indifférent. Non seulement vous, mais chacune des créatures que j'ai formées, - c'est-à-dire toutes -, de la plus grande à la plus petite... Hélas, de votre côté, je ne peux pas dire que cet intérêt soit vraiment réciproque...

     

    - Que devrions-nous faire ?

     

    - Pas grand-chose...C'est dans l'ordre de votre évolution que vous soyez encore tellement sous-développés... vous y avez mis tellement de mauvaise grâce, aussi ! Quand je pense au potentiel qui est le vôtre, des fois, ça me fait mal au ventre de voir ce que vous en faites...

     

    - Oh, je vois... un peu comme d'avoir donné des perles aux cochons, vous voulez dire ?...

     

    - Ne vous en offusquez pas mais ...

     

    - Mais ?...

     

    - Laissez, mes états d'âme sont sans importance... C'est votre avenir à vous qui compte ! Moi, j'ai tout mon temps...

     

    - Kit... un kit de survie ! Eurêka ! Voilà de quoi vous devriez nous équiper ! Un kit de communication directe avec Vous, un peu comme une oreillette qu'on pourrait brancher en toute occasion. On resterait libre de l'écouter ou non, mais on pourrait y faire appel en cas de besoin. Ca, ce serait une super initiation à la liberté ! Vous nous guideriez, nous conseilleriez, mais sans nous obliger à rien !

     

    - Je n'ai rien fait d'autre...

     

    - Il y a une oreillette en nous quelque part ?... Ah bon ?! Mais OU ???

     

    - Hé, mieux que ça : il y en a même DEUX !

     

    - Gulps... Alors là, vous m'en bouchez un coin ! Mais dites-moi vite où elles se trouvent, que j'aille le clamer à la face du monde et que les humains cessent de se conduire comme des fadas !

     

    - Facile... quelle partie de votre corps est équipée d'oreillettes ?

    Ca aurait dû vous mettre sur la voie, d'ailleurs...

     

    - Euh... voyons... des oreillettes... mais bien sûr... LE CŒUR !!

     

    - Dites donc, maintenant que vous le savez, j'espère que vous serez un peu moins long à décrocher, la prochaine fois...

     

    - C'est promis ? Chaque fois que nous aurons besoin d'entrer en contact avec vous, il  nous suffira de venir vous parler à l'intérieur de notre cœur ?

     

    - Bah, ce n'est pas nouveau, vous savez... plusieurs de vos mystiques le clament depuis des siècles, à travers toutes les cultures... C'est bien ça qui m'inquiète... Je ne suis pas sûr que vos congénères vous écouteront davantage que vous ne m'écoutez depuis des lustres, moi... et pourtant, ce n'est pas faute de chercher à vous joindre !

     

    - Au revoir, alors... La tâche est immense, et elle est urgente... Je vais dès aujourd'hui tâcher de faire passer votre message. Essayer d'expliquer à mes frères qu'ils peuvent créer leur vie sur Terre, main dans la main avec vous, en associés, en binôme, en équipe, en partenaires loyaux, en amis solidaires... Que tout espoir n'est pas perdu encore... que l'avenir est à inventer... que nous ne sommes pas seuls !

     

    - A bientôt, mon petit. Prends bien soin de toi. Ils en ont trucidé tant d'autres....  Beaucoup ne sont pas prêts. Ils chercheront à te faire taire. Par tous les moyens. Y compris les pires, ceux qu'ils ont inventés eux, pas moi...

    Mais je serai là à chaque fois que tu auras besoin de moi. Je te le jure... sur moi-même.


    Je t'aime plus qu'aucun d'entre eux jamais ne t'aimera. 

    Et maintenant, vas... »

     





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  • Si j'ai du caractère
    Un sacré tempérament
    Qui ont valu à ma mère
    Du souci et des tourments
    C'est que j'ai dans les artères
    Le tanin et les pigments
    Qui font le sang de la terre
    Flamme rafale et flux volcan


    Je suis la fille du vent
    Qui traverse les montagnes
    Je chahute en passant
    La houle, la foule, les campagnes
    Je défie tous les courants
    Dont je m’échappe avec hargne
    Dès qu’ils virent intransigeants

    Emprisonnent ou castagnent

    Je suis la fille du vent…
     

    Si j'ai du caractère
    Un sacré tempérament
    Qui ont valu à ma mère
    Du souci et des tourments
    C'est que je tiens de mon père
    La passion et l'engouement
    D’unir le ciel à la terre
    Dans une étreinte d'amants


    Je suis la soeur du vent

    Et lorsque l’élan nous gagne

    Du levant jusqu’au couchant

    Nous battons avec la poigne

    De qui veut vivre vivant

    Les cimes, les eaux, les campagnes

    Car ruisselle dans notre sang

    L’air d’un pays de cocagne

    Je suis la sœur du vent…

     

    Si je suis entière
    Et que je vais de l'avant
    Sans écouter tralalère
    Les avertissements
    C'est que j’ai reçu naguère
    Un éclair, en naissant

    Une brûlure de lumière
    Voix, vois, voie libre : le vent …


    Avec mon cadet
    J’éparpille la folie
    La douce, la vraie

    Ailleurs comme ici

    Nous sommes de vent

    Nous sommes d’aujourd’hui

    Intenses instants

    Qui se donnent et rient



    Qui meurent-renaissent

    S’aimant-essaimant

    Se scindent , s’entretressent

     Vrillant l'espace-temps

     


    Oh le foutu caractère

    Le sacré tempérament
    Qui font dire à notre père
    Que nous sommes ses cheveux blancs

    Qui font dire à notre mère

    Que nous sommes des chevaux blancs


     

    Qui font dire à l’univers

    Ô mes terribles enfants

    Mes indomptables très chers

    Fils et fille du vent

    Passe-murailles, saute-frontières

    Sème-rêves, sacripans,

    Soyez libres comme l’air

    Que tombe l’ultime brise-vent !

     

     

     

    Pour vous, je suis trop petit :
    Prenez l’infini.






    Sur l'air d'une chanson d' Olivia Ruiz 






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  • Fais-moi fraise
    A ta bouche
    Fais-moi braise
    Où me touches
    Fais-moi flamme
    Qu'attises
    Fais-moi femme
    Pulpe, cerise


    Fais-moi cendre
    Que tisonnes
    Fais-moi tendre,
    Pure madone
    Fais-moi v' lours
    De réglisse
    Lisse-moi pour
    Tes délices


    Fais-moi cire
    De ton sceau
    Fais-moi d 'v 'nir
    Coquelicot
    Fais-moi sang
    De ton corps
    Embrasement
    Athanor


    Fais-moi bijou
    D'onyx
    Essor fou
    De phénix
    Ebène liesse
    Et faim
    D' la caresse
    De tes mains


    Fais-moi lit
    D'étreintes nobles
    Clair rubis
    D' ton vignoble
    Fais-moi fruit
    D' ta passion
    Cri ravi
    Effusion


    Quintessence
    De mes sens
    Parfaite un-
    Connaissance
    Mise à nu
    En conscience
    Et haute in-
    Candescence


    Fais-moi vie
    Des cent ciels
    Ton coeur, tes mains, tes ailes,
    Ta sève, ta peau, ta chair,


    Fais-moi toi
    Fée-moi toi
    Fais-moi Toi.




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  •  





    Je suis venue te dire que je te kiffe

    Que tu m’ donnes le frisson des arpions jusqu’aux tifs

    Je suis venue te dire que j’ te kiffe grave

    L’ premier qui t’ fait du mal, j’ le purée, j’ le marave

     

    Je suis venue te dire que ti amo

    Que j’ défaille rien que quand tu m’effleures d’un bacio

    Qu’ tes câlins andante, largo ou allegro

    Me font vibrer forte mais jamais non troppo



    Je suis venue te dire que te quiero

    Que t’es mon estrella, mon lago, mon fuego

    Mon rêve devenu vrai, ma chance, mon destino

    Mon cadeau de la vie, suerte palpitando

     


    Je suis venue te dire qu' ich liebe dich

    Qu’ j’ f’rai chanter pour toi jusqu’au rêche teuton, chiche !

    Que chaque instant de toi me rend plus schön, plus riche

    Que t’es mon bouquet éternel de vergiss-mein-nicht

     

    Je suis venue te dire que I love you

    J’ t’ l’ jouerai au bagpipe, à la flûte, au biniou

    Pour toi je m’ ferai barde des airs les plus doux

    Et si en bas ça barde, tes voisins, je m’en fous

     


    Je  suis venue te dire qu' tibia lioubliou

    En russe, en ukrainien, en ouzbek, à genoux

    Si tu m’prends sur les tiens, peut-êt’ même en zoulou

    A fissurer le sol de mon cœur qui bat fou

     

    Et si malgré tout ça, ça n’ suffit encore pas,

    J’ te l’dirai en hébreu, en arabe, en chinois,

    En hindi, en sabir, en verlan, en blabla

    Ou avec des mots bleus qu’existent qu’ pour toi et moi



    J’ te l’dirai, je le jure, à m’affoler la glotte

    De douceurs zexotiques, de tendresses polyglottes

    Epicées, suaves, intenses, à toutes nos marottes

    Je prêterai ma langue, et le reste, saperlotte !

     

    Et si, oversaoûlé de ma glossolalie

    Tu souhaites mettre fin à cette cacophonie

    Je crains, cœur de mon cœur, que pour me faire taire

    Seule ta bouche ait moyen d’occuper mieux mes lèvres.

     

     



    D'après une consigne de "La petite fabrique d'écriture" (écrire un texte à partir de la phrase : "Je suis venu(e) te dire"... )
    En partant de la même consigne, j'avais écrit cet autre texte, très différent.

    Si vous aimez le genre de gourmandise que vous venez de déguster ci-dessus, essayez celle-là...



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  • Fidèle
    D’aucune religion
    Fille d’ailes
    A l’horizon
    Qui recule
    Et s’ouvre
    A l’infini




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  • Y a des jours

    Sans pourquoi

    Ca dégringole

    Du toit

    Carence d’or

    Dans le bleu

    L’averse au bord

    Des yeux

     

    Idées moches

    Ras caboche

    Trop-plein d’choses

    Trop-peu d’rose

    L’moral pas

    Au niveau

    Le cœur dans l’ca

    Niveau

     

    L’âme fourbue

    A l’envers

    Mise à nu

    Trop fin verre

    Qui s’étoile

    En filant

    Dans un ciel

    Filet d’sang

     

    Y a des jours

    Noir cruel

    Qui vont lourds

    Plombs dans l’aile

    Le rire s’est

    Fait la malle

    L'amer-tue-me

    S’emballe

     

    Y a des jours

    Sans pourquoi

    Ca tombe rigoles

    Du toi

    Ca s’déverse

    Sans prév’nir

    En averses

    De sourires

     

    Comme un ange

    De passage

    Dont l’aile change

    Désencage

    Un p’tit rayon

    D’soleil

    Crève-con

    Plante-merveille

     

    Des fois j’essaye

    De l’être

    C’ chant d' vermeil

    A vos f’nêtres

    Mais savez-vous

    Qu’ tant fois

    Vous l’êtes, vous

    Pour moi

     

     

     

     

     

     

     

    Texte paru dans "Graines d'arcs-en-ciel" et dans "l'Allant-Bic"

     


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  • Avant toi, j’ s’avais pas

    Lave celée dans froid

    Que les vieux arbres morts

    Peuvent pousser aussi fort

    Leurs racines et leurs bras

    Dans le monde d’ici-bas

    Cachant sous leur hiver

    Une fièvre brûlante de chair


     

    Avant toi, j’ savais pas

    Qu’ ça chante au cœur du bois

    D’un déferlant tam-tam

    Plus puissant qu’une lame

    Et qu’ sous la dure écorce

    D’une immobile force

    Ruisselle ambrée une sève

    A remuer ciel et rêves


     

    Avant toi, j’ savais pas

    Ce bouillonnant charroi,

    Qu’ dessous la carapace

    Y a d’ la tendresse vivace

    Délicate et fondante

    Claire-obscure, douce-ardente,

    A contrastes d’orage

    A sang d’encre, à ancrages


     

    Avant toi, j’ savais pas

    Et ça, je te le dois

    Qu’on peut  s’aimer immense

    Et se faire tant violence

    Qu’on peut s’aimer ras-bord

    Et s’entre-mettre-à-mort

    Et d’ son mieux voulant faire

    Ne créer que l’enfer


     

    Aujourd’hui, je sais pas

    Sur quels chemins tu traînes

    Si t’as brisé les chaînes

    Qui entravaient tes pas




    Aujourd’hui, je sais pas

    Si j’préfèr’ rais êt’ bête

    Naïve, limite simplette,

    Comme quand t’étais t’ jours là


     

    Ou si j’préfère êt’ riche

    D’ tous ces instants fétiches

    Dont t’as creusé pour cher

    Ma mémoire et ma chair


     

    J’ sais pas quel alchimiste

    A transformé en or

    Tout c’ qui d’ vrait m’ rendre triste

    Et m’ plomber de remords


     

    Là où t’ m’as labourée

     Y a une joie qu’a poussé

    Insolite, impalpable,

    Insolente, imprenable

    De la cassure du roc

    A jailli sous ton soc

    Une source aussi vive

    Que l’ont été nos plaies


     

    Et c’que je sais, par contre

    Quoi qu’en disent les montres

    Et les mois, les années,

    C’est qu’ l’est pas encore né

    Celui qui t’ arrach’ra

    De ma p’ tite tête de bois

    Celui qui abattra

    Tout c’ qui d’ toi ici bat


     

    Au palpitant de moi

    Ailes vives de toi de toi.


     


     



    Texte paru dans "l'Allant-bic"

     

     


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  • Sur une consigne de "La petite fabrique d'écriture" : Ecrire un texte à partir de la phrase : "Je suis venu(e) te dire...".





    Je suis venue te dire
    Que je me tais
    Devant toi à mots tus
    Et bouche cousue


    Je suis venue te dire
    Coeur à l'arrêt
    La plume sans inspir
    Le bec cloué


    Je suis venue te dire
    Sous tes regards
    Ces instants suspendus
    Ce souffle rare


    Je suis venue te dire
    Que je ne peux
    Ma parole s'en va
    Où vont tes yeux


    Je suis venue te dire
    Que fais silence
    Traversée à frémir
    De fulgurance



    Foudroyée

    Hors de moi

    Démunie

    Dénudée



    Touchée coulée.








           A l'origine de ce texte, un blog... dont je vous parlerai... demain.
    Car pour aujourd'hui... je suis à l'ouest. Cliquez , vous allez comprendre... ;)



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  • Seigneur, qu’est-ce qui m’arrive 

    Je pars à la dérive ?

    J’ai le sens qui vacille

    J’ m’émiette, j’ me défibrille ?

    J’ai la jugeotte en rade

    Le ciboulot malade ?

    La boussole qui divague

    Le délire qui m’alpague ?

     

    Ce matin, me v' là belle :

    J’y vois 36 chandelles.

     

    Mon dieu, j’ crois qu’ je déraille

    J’ cherche mes repères en Braille

    J’ me perds en conjectures

    J’ m’ éparpille, j’ me fissure

    J’ m’esbigne à éplucher

    Les casualités

    Du pourquoi du comment

    De ce mystère troublant

     

    Rien à faire, c’est l’ bordel

    J’y vois 36 chandelles

     

    Mais dites-moi, sapristi !

    J’mollis du salsifis ?

    Qu’est-ce qui m’a, saperlotte,

    Pilé la comprenotte ?

    Déglingué le pois chiche

    A coups d’ lubies fortiches

    Vrillé l’ut,  faussé l’ la,

    Mis le si aux abois ?

     

    Même le sol, y chancelle

    J’y vois 36 chandelles

     

    Depuis l’ temps qu’ ça m’ guettait

    A faire des pieds de nez

    Aux saintes lois du bon sens

    Et de la bienséance

    A fricoter en douce

    Avec la folie douce

    A r’ pousser l’horizon

    Du trop carré, trop con

     

    C’est fini la marelle

    J’y vois 36 chandelles

     

    J’ sens bien que j’ me détraque

    Je l’avoue, tout à trac,

    Sortez la camisole

    Je suis mûre mûre fofolle !

    Mon pov’ esprit valdingue

    Perclus d’ mes idées dingues

    A ne pas prendre l’ pli

    J’ai l’ cerveau bigoudi

     

    Chuis bonne pour la poubelle

    J’y vois 36 chandelles

     

    - Mais non, p’tit colibri,

    Atteinte, toi ? Que nenni !

    T’es fraîche comme une jolie

    Née de la dernière pluie.

    Allez, souffle, ma toute belle !

    Car tes 36 chandelles

    Seront fondues bientôt



    Et y a plein d’ monde autour

    Qu’attend avec amour

     

    Que tu coupes ton gâteau.




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  • Toutes les photos de cet article, visibles en cliquant sur les mots en couleur, sont l'oeuvre du Pierrot, à qui ce poème est dédié.





    Au clair de la lune
    Mon ami Pierrot
    Je te prête ma plume
    Tu m' prêtes tes photos
    Qu' ton bon vent apporte
    Brindilles à mon feu
    Qu' ma blogopopote
    Te régale mieux !



    Au clair de la lune
    Mon ami Pierrot
    Voyage ma plume
    Vogue sur tes photos
    Nous v'là blogopotes
    Autour du même feu
    Une oeuvrigolotte
    Inventée à deux !



    Au clair de la lune
    Mon ami Pierrot
    De grâce, ne me plumes
    Pour ces quelques mots
    De grands droits d'auteur
    Ne te ver'srai point
    J' t'honore de bon coeur 
    Alors,  n' fais pas d' foin !



    Au clair de ma plume
    Mon ami Pierrot
    J'te décroche la lune
    En deux ou trois mots
    Dans ma blogothèque
    T'as la première place
    Fais pas cette pastèque
    C'est déjà très classe !



    Au clair de ma une
    Mon ami Pierrot
    Quelle bonne fortune
    Vois, t'es mon héros !
    Qu' cette gloire éphémère
    Te soit un honneur
    Ne sois pas amer
    Surtout n'aie pas peur



    Car "quand t' s'ras KO
    Tombé des romans d'photos
    Poussé en bas
    Par des plus beaux, des plus forts que toi
    Moi j' t' aim'rai encore
    Dans cette petite mort..."
    Et l' chemin d' chez toi
    Je l'oublierai pas



    Si j'déserte ton blog
    Parole, mon ami
    Fais-toi un hot-dog
    Du p'tit colibri
    Dis-toi qu' c' te volage
    Ne te mérite plus
    Vire-moi d' tes rivages
    Jette-moi aux morues



    Au clair de ma hune
    Mon ami Pierrot
    De ma meilleure plume
    J' t' accroche tout en haut
    Pour qu' si c'était toi
    Qui mettais les voiles
    J' puisse te suivre tout bas
    Comme ta bonne étoile



    Au clair de lagune
    Tes voyages m'embarquent
    Ton rêve sans lacunes
    Entraîne loin ma barque
    Et si dans mon texte 
    D' l'émotion s'déverse
    C'est qu' tes clics me mettent
    L' coeur à la renverse...












    Alors, vous le voyez, dans la dernière image,
    le coeur à la renverse ?


    La graine-surprise du jour est ici.


    Et pour toi Pierrot,
    - car je sais à quel point tu es sensible à la beauté, 
    surtout à celle des femmes - ,
    il y a encore ce petit cadeau spécial...









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  • Pour Seb, dont le territoire infini inspire inépuisablement à ma petite plume de nouveaux mots à fleur de vent... 






    De croisée

    En plein ciel

    J'ai croisé

    O hasard

    Un berger

    Muni d'ailes

    Chassant les

    Instants rares

     

    Au passage

    D'un sourire

    L'homme-mage

    M'a saluée

    Eclair bleu

    Dans l'empire

    Des nuages

    Amoncelés

     

    Puis chacun

    Plus léger

    A repris

    Son chemin

    Enrichi

    D'un partage

    Qui n’obligeait à

    Rien

     

    N'est resté

    Que le vent

    Semeur en stratosphère

    De fragments

    Aveuglants

    De bondissante lumière.

     





                                                                                                                     Et la surprise du jour, ici.


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  • Moi qui ne suis d'aucun pays, d'aucune frontière
    Qui sillonne le monde, ivre de liberté
    Mon coeur saigne des coups dont lardent notre Terre
    Nos fiers frères bipèdes, savants et déplumés


    Ma cervelle d'oiseau est sans doute trop étroite
    Pour saisir de leurs noires querelles les causes
    Vivants, nous le sommes tous, - dites-moi ce qu'ils convoitent
    Au nom de qui, de quoi, ce partage des choses ?


    Ils s'acharnent à ronger comme chiens le même os
    S'infligeant plaies, morsures, démembrant le squelette
    D'un sol qu'ils écartèlent, plus hargneux que molosses
    Ecumant de cribler ses lambeaux d'étiquettes


    Autour de trois cailloux se déchirent le museau
    Pour y planter, vainqueurs, leur petit étendard
    Et se gaussent de nous, les frustes "animaux"
    Dont l'instinct vil et bas est la plus grande tare


    Quel spectacle édifiant, quel somptueux festin
    Ils me livrent d'en haut, s'arrachant tour à tour
    Ce qu'ils ont dérobé à la gueule du voisin
    Avec une noblesse rare, une grâce de vautours


    Quelle unique et suprême forme d'intelligence
    Que ce sens aiguisé de la propriété
    Grâce auquel, avec art, la paix sur la conscience
    Ils étripent le monde avec fécondité


    Quand sera achevée leur innocente ripaille
    J'ose croire qu'un remords, posthume et ténu
    Fera frémir, fugace, le tas repu de leurs entrailles
    A défaut du coeur qu'ils n'ont plus


    Moi qui ne suis d'aucun pays, d'aucune frontière
    Fasse le ciel qui me porte que je n'en aie jamais
    De patrie je ne veux que le grand souffle d'air
    Qui caresse équanime l'ensemble du créé.





    Après ce coup de gueule emplumé, un peu de douceur... La surprise du jour est ici. ;)




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