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    Avant de s'agrandir au dehors, il faut s'affermir au dedans.

     

                                                                           

                                                                                                       Victor HUGO

     

     

     


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    Freude, schöner Götterfunken
    Tochter aus Elysium,
    Wir betreten feuertrunken,
    Himmlische, dein Heiligtum!
    Deine Zauber binden wieder
    Was die Mode streng geteilt;
    Alle Menschen werden Brüder,
    Wo dein sanfter Flügel weilt.

     

    Wem der große Wurf gelungen,
    Eines Freundes Freund zu sein;
    Wer ein holdes Weib errungen,
    Mische seinen Jubel ein!
    Ja, wer auch nur eine Seele
    Sein nennt auf dem Erdenrund!
    Und wer's nie gekonnt, der stehle
    Weinend sich aus diesem Bund!

     

    Freude trinken alle Wesen
    An den Brüsten der Natur;
    Alle Guten, alle Bösen
    Folgen ihrer Rosenspur.
    Küsse gab sie uns und Reben,
    Einen Freund, geprüft im Tod;
    Wollust ward dem Wurm gegeben,
    und der Cherub steht vor Gott.

     

    Froh,
    wie seine Sonnen fliegen
    Durch des Himmels prächt'gen Plan,
    Laufet, Brüder, eure Bahn,
    Freudig, wie ein Held zum Siegen.

     

    Seid umschlungen, Millionen!
    Diesen Kuß der ganzen Welt!
    Brüder, über'm Sternenzelt
    Muß ein lieber Vater wohnen.
    Ihr stürzt nieder, Millionen?
    Ahnest du den Schöpfer, Welt?
    Such' ihn über'm Sternenzelt!
    Über Sternen muß er wohnen.

     

     

     

     

    Friedrich von SCHILLER 

     

     

    Traduction et infos : ici !

     

     

     

     

     

     

     

     


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    Merci à  Jackie de m'avoir envoyé le lien vers ce petit film...


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    Dans le ventre de leur mère, deux bébés discutent.

    L’un est croyant, l’autre athée.

     

     

    Le Bébé-Athée dit :

    "Toi, tu crois à la vie après l’accouchement ?"

     

    Le Bébé-Croyant répond :

    "Bien sûr, c’est évident que la vie après l’accouchement existe. Nous sommes juste ici pour devenir forts et prêts pour ce qui nous attend après.

     

    - Tout ça est insensé. Il n’y a rien après l’accouchement. Est-ce que tu peux... t'imaginer, toi, à quoi une telle vie pourrait ressembler ?

     

    - Eh bien je ne connais pas tous les détails. Mais là-bas il y aura beaucoup de lumière, beaucoup de joie. Et par exemple, là-bas, on va manger avec notre bouche.

     

    - Mais c’est n’importe quoi ! Nous avons notre cordon ombilical et c’est ça qui nous nourrit. Et de cette autre vie, il n’y a encore eu aucun revenant. La vie se termine tout simplement par l’accouchement.

     

    - Non ! Je ne sais pas exactement à quoi cette vie après l’accouchement va ressembler mais dans tous les cas, nous verrons notre maman et elle prendra soin de nous.

     

    - Maman ? Tu crois en Maman ? Et où se trouve-t-elle ?

     

    - Mais elle est partout ! Elle est autour de nous ! Grâce à elle nous vivons, et sans elle nous ne sommes rien. Elle veille sur nous à chaque instant.

     

    - C’est absurde ! Tu l’as déjà vue toi ? Moi non plus ! C’est donc évident qu’elle n’existe pas. Et puis, si elle existait vraiment, pourquoi ne se manifeste-t-elle pas ?

     

    - Je ne suis pas d’accord. Car parfois, lorsque tout devient calme, on peut entendre quand elle chante, sentir quand elle caresse notre monde. Je suis certain que notre vraie vie ne commence qu'après l’accouchement.

     

    - Moi je suis convaincu qu'après l'accouchement, il n'y a rien. C'est tout simplement irrationnel. "

     

     

     

     

    Merci à Nadira de m'avoir envoyé  ce dialogue par mail... ;-*

     

    


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    A Pépé L. ...

     

     

     

    Elle était née sans bras.

     

    Sans bras elle était née…

     

    Ainsi la vie l’avait-elle voulu.

     

    On ne discute pas avec la vie, pas vrai ?

     

     

     

    Elle était née sans bras et elle s’en désolait.

     

    Les autres se moquaient d’elle :

     

    « Des bras ! Mais pour quoi faire ? On ne voit vraiment pas à quoi ils pourraient bien servir… »

     

     

     

    Elle, elle le savait, pourtant. Si elle avait eu des bras, elle aurait été tellement plus rayonnante. Elle aurait pu donner tellement plus d’amour, de douceur, de lumière. Elle aurait pu atteindre des régions tellement plus noires et reculées. Il y avait tant de peines et de douleurs à porter et à illuminer, en bas… elle le savait.

     

     

     

    Les autres n’étaient pas d’accord.

     

    « Nous vivons dans le ciel. C’est là qu’est notre place. Si notre rôle était d’aider les créatures de la terre, alors, oui, nous aurions des bras. Mais nous n’en avons pas. C’est bien la preuve que nous devons rester à notre place, et nous contenter de briller ici, de loin, du haut du ciel. »

     

     

     

    De fait, les étoiles ont des bras. Mais des bras si petits… si fins… si transparents… si loin de la terre et de ceux qui l’habitent…  que de là-bas, on ne les voit presque pas.  Pour elle, ses bras d’étoile n’étaient que des moignons. Des bourgeons jamais épanouis. Des ailes rognées qui suffisaient à la porter dans le ciel, à l’accrocher dans l’infini, mais trop faibles pour lui permettre de se déplacer, de choisir où et à qui porter sa lumière…

     

     

     

    Si l’étoile tenait tant à rejoindre la terre, c’est aussi qu’elle y avait un ami. Un arbre. Un plaqueminier.

     

     

     

    L’amitié d’arbre à astre n’est pas chose facile. Ils ne pouvaient se retrouver que la nuit. Ils avaient besoin du vent et des oiseaux pour se porter leurs paroles. Entre l’aller et le retour, il pouvait s’écouler plusieurs années-lumière. Sur le voyage des messagers planait la menace de mille dangers imprévisibles... Des mots se perdaient en chemin…  D’autres disparaissaient mystérieusement, percutés par un astéroïde… attirés par la force gravitationnelle d’une planète trop lourde… effilochés aux piquants d’une galaxie. Les murmures de l’arbre à l’astre, les lueurs  de l’étoile aux branches du plaqueminier, arrivaient souvent incomplets, déformés,  incompréhensibles… ou, pire, ils n’arrivaient jamais. Mais eux étaient habitués à cette conversation trouée d’intervalles et d’attentes, aux mailles si fines qu’elles semblaient toujours prêtes à se déchirer. Les silences aéraient leur dialogue comme une partition. Leur amitié coulait rivière : tantôt visible, tantôt cachée.

     

     

    Une époque de plomb tomba sur le monde. Un temps immobile où même le vent fut à bout de souffle.  Un temps de sécheresse glacée qui chassa les oiseaux. Ceux qui voulurent rester gelèrent les uns après les autres. Leurs petits corps raidis percutaient le sol avec un bruit mat.

     

    Peu à peu, lentement, l’arbre dépérissait. Il ne pouvait quitter l’endroit où étaient plantées ses racines.  Il ne pouvait  pas plus quitter la terre que l’étoile ne pouvait quitter le ciel…

     

    Faute de vent, faute d’oiseaux, faute de nuages pour porter les messages et protéger les oiseaux, l’arbre et l’étoile devinrent invisibles l’un pour l’autre.  Une poussière de temps, un sable de silence amoncelèrent entre eux des dunes hautes comme des murs.

     

    L’arbre perdit ses fruits. Puis ses feuilles. Un tapis feu et vert s’étendit sous ses branches, qui pourrit, se décomposa, disparut finalement, absorbé par l’humus. Dans les secrets de son écorce, une dernière sève, très faiblement, palpitait encore.

     

    L’étoile ne voyait plus son ami l’arbre, mais elle sentait qu’il épuisait ses forces. Si elle n’avait que des moignons de bras, les étoiles ont un cœur, et le sien lui disait que l’arbre avait besoin de sa présence. Il se tordait de ne pas savoir comment la lui apporter.

     

    Epinglée à la nuit comme un papillon à la planche d’un collectionneur, l’étoile vit, la première, luire au loin les yeux vides du fourgon lancé à toute allure sur le chemin de la forêt.

     

    L’arbre, perçut, le premier, le cliquetis des haches et des scies bringuebalant à l’arrière.

     

    La nuit allait finir.

     

    Le jour se levait, près de les séparer sans qu’ils aient pu se dire au revoir.

     

     

    Au moment où la dernière goutte de sève du plaqueminier s’éteignit, l’arbre se sentit soulevé de terre par la force d’une tendresse inouïe.

     

    Stupéfaites, les étoiles virent passer devant leurs yeux incrédules le premier arbre volant de leur histoire d’étoiles. Silence abasourdi… De mémoire d’étoile, jamais on n’avait assisté à pareil prodige.

     

     

    Mais le véritable prodige était ailleurs. L’arbre ne volait pas. Il était maintenu dans l’air par une infinité de bras qui, supportant délicatement ses racines, son tronc, ses branches, et jusqu’à la pointe de ses derniers rejets secs et nus, lui faisaient traverser l’espace en le berçant dans leur filet de lumière.

     

    Tous ces bras émanaient de la petite étoile, - celle qui, si longtemps, s’était désespérée de ne pas en avoir.

     

     

    « Mes enfants, dit la lune. La nuit va s’achever, et tout ceci disparaître avec nous. Ce qui a disparu n’en continue pas moins à exister quelque part, même s’il passe dans l’invisible. A compter d’aujourd’hui, il poussera  parmi nous un arbre de la terre, veillé par une étoile qui étendra sur lui les rayons de ses bras comme un soleil caché. Regardez bien autour de vous.  Peut-être y en a-t-il d’autres, peut-être forment-ils même une immense forêt…

     

    Les étoiles naissent sans bras, mais il peut arriver qu’il leur en pousse.

     

    Les arbres vivent, et naissent, et meurent en terre, mais la même force qui fait pousser des bras aux étoiles peut les arracher de la terre et les replanter ailleurs, même en plein ciel.

     

    Le monde est bien plus vaste et bien plus étonnant que le minuscule coin de l’espace où vous êtes rassemblées et que vous croyez connaître, mes enfants.

     

    L’univers est bien plus inventif et plus aimant qu’un collectionneur qui épinglerait les étoiles sur une planche et les feuilles d’arbre sur une autre. Des liens invisibles  et secrets unissent toutes choses.  Des formes de vie inimaginables se côtoient, se rejoignent et, plus inimaginablement encore, s’allient.  Le jour nous retire du regard des hommes. Nous sommes cependant toujours là, derrière le rideau. Nous n’avons pas changé de place. Nous sommes seulement masquées…  jusqu’à la prochaine nuit. Ce soir, nous reviendrons. Alors, de nouveau, nous ouvrirons pour ceux qui voudront les franchir les portes d’émerveille».

     

     

     

     

     08.01.2012

    Texte encore inédit placé sous copyright

     

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